Le sommet de coopération Chine-Afrique, plus grande réunion diplomatique jamais organisée par la Chine, vient de se clore à Pékin, au terme de trois jours de poignées de main, de banquets, de signatures d'accords commerciaux et de grandes déclarations. Du vendredi 3 au dimanche 5 novembre ce sont les chefs d'État et de gouvernement de 48 pays africains qui ont été reçus en grande pompe.
Et on pouvait dire que les Chinois avaient pour l'occasion mis les petits plats dans les grands. Pékin s'est en effet transformé pour quelques jours en capitale africaine, en se recouvrant de milliers de panneaux (affichés jusque dans les plus reculées des cours d'immeubles, encore un coup des comités de quartiers) célébrant « l'amitié, la paix, la coopération et le développement » et d'immenses fresques représentant
africains vêtus de peaux de zèbres et girafes dans la savane, alimentant encore un peu plus les éternels clichés que les Chinois nourrissent sur le continent africain. Par ailleurs, et comme habitués aux ordres les plus farfelus du pouvoir, les Pékinois ne se sont pas émus lorsqu'on a purement et simplement interdit la circulation sur le deuxième périphérique, l'artère vitale de la ville (imaginez que le gouvernement français décide un beau jour de bloquer le périph' parisien pendant trois jours) pour en réserver l'accès aux voitures officielles, prohibé à toute personne étrangère au sommet de s'approcher de la place Tian An Men et de la Cité Interdite barricadée et menacé de 200 RMB d'amende quiconque se risquerait à troubler la tranquillité du sommet en usant du klaxon de manière « inappropriée ».
Tant d'attention à l'égard du continent africain pourrait surprendre de la part d'un pays asiatique. Mais cela serait oublier que la Chine, d'une main de fer dans un gant de velours, est véritablement en train de recoloniser l'Afrique en faisant luire la promesse d'une relation d'égal à égal (ou encore "gagnant-gagnant", "win to win"), peu encombrée de grands principes ou de contentieux historiques et damant ainsi le pion aux anciennes puissances coloniales dans ce qui avait longtemps été leur pré carré.
Entre la Chine et l'Afrique, on pourrait presque parler de retrouvailles. Mais ce sont des retrouvailles dont la nature a proprement changé. Des années 1960 à la fin des années 1980, les relations sino-africaines sont avant tout de nature politique. En multipliant les projets d'aide au développement du continent, finançant et construisant des grands projets d'infrastructure, en envoyant sur place médecins et infirmiers et en distribuant des bourses pour permettre à de jeunes Africains de poursuivre leurs études dans les universités chinoises, Pékin s'assure surtout d'une zone d'influence dans un monde divisé en blocs. Pour les Africains la Chine est alors une nation phare du tiers-monde et le maoïsme sert de référence idéologique en cette période postcoloniale.
La fin de la guerre froide, la poursuite de l'ouverture économique de la Chine et sa soif grandissante de matières premières et d'énergie ont laissé la place à des relations avant tout économiques. Désormais, les perspectives commerciales représentées par le continent noir et son potentiel en ressources énergétiques (l'Afrique fournit à la République populaire 30 % de son pétrole importé) sont au coeur de la nouvelle stratégie chinoise en Afrique. Au-delà de la nécessité de s'assurer de nouveaux accès aux matières premières, la Chine entend également écouler un nombre toujours plus grand de produits manufacturés bon marché sur les marchés africains. Le boubou est désormais made in China, au grand dam des tisserands africains...
Le niveau de l'engagement de la Chine en Afrique est tel qu'il suscite cependant les critiques croissantes de tous ceux estimant que l'empire du Milieu y poursuit des visées "prédatrices" consistant à engranger le maximum de résultats économiques tout en étant peu regardant sur la moralité des régimes avec lesquels il traite au nom de sa "politique de non-intervention". "La Chine ne pose aucune condition politique à sa coopération", a maintes fois déclaré le président Hu Jintao dans ses tournées africaines. Et effectivement hier soir, au journal télévisé, c'est avec de grands sourires et des poignées de main interminables que l'on pouvait voir le président chinois accueillir les président soudanais ou zimbabwéen, loin d'être en odeur de sainteté en Occident.
Dimanche, seize accords commerciaux ont été signés, d'un montant total de 1,9 milliard de dollars. Ca vaut bien une petite poignée de main ?
Toutefois, le cynisme de Pékin a des limites intrinsèques. A mesure que la Chine investira en Afrique, elle devra intégrer à sa politique la variable «stabilité» du continent, aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique. Le président chinois Hu Jintao a prié publiquement mais amicalement le président soudanais de faire des efforts au Darfour. La Chine s'est par ailleurs engagée à doubler l'aide financière accordée à l'Afrique sur les trois prochaines années, à débloquer une série de prêts à taux préférentiels d'un montant de 3 milliards de dollars et à annuler la dette des pays les plus pauvres à travers la mise en place de prêts gouvernementaux à taux zéro.
"Il faut être pragmatique, explique Xu Weizhong, directeur du département des affaires africaines de l'Institut chinois d'études contemporaines internationales. Et une Afrique qui s'effondre est une Afrique qui ne consomme plus, ne l'oublions pas...
Le yuebing de Suzhou se caractérise par son enveloppe croustillante à feuilles multiples, il est fourré en général de cinq pépins, de purées des haricots rouges, de poivre chinois, le tout mélangé avec du sel et du sucre et de la viande de porc; le yuebing de Pékin est préparé avec de l'huile et est farci de fruits secs, de purée de haricots rouges... (une bombe calorique !! comme toute la cuisine pékinoise) ; celui du Guangdong (la région de Canton) a une forme élégante, une enveloppe mince, une couleur agréable et est farci soit de noix de coco, de purée de graines de lotus, de cinq pépins, de jaune d'oeuf, de poulet, de jambon, ou encore de fleur de laurier. Il existe même désormais les yuebing sans sucre, c'est-à-dire la version light pour le régime !
La surface des yuebing est décorée
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