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Mes parenthèses enchantées

Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 15:53
« J’y arrive pas », « j’y arrive pas »… Désolée je suis vraiment trop flemmarde et je n’arrive vraiment pas à me dire « allez, aujourd’hui tu écris ». Et puis plus je tarde plus j’oublie, plus j’oublie moins j’ai envie d’écrire, moins j’ai envie d’écrire moins je m’y mets. En plus en ce moment nous n’avons pas encore le chauffage et écrire avec les doigts gelés n’a vraiment rien d’évident (bon j’avoue, j’exagère un peu, mais il faut bien se trouver des excuses) ! Mais aujourd’hui, chose rare, je me sens l’esprit clair et donc d’attaque pour écrire quelques lignes. La difficulté étant désormais de résumer. Non pas que j’ai une vie si incroyable mais ce mois de septembre a été assez remuant, que ce soit pour le travail ou pour des vacances et je suis donc un peu effrayée par tout ce qu’il y aurait à raconter.

Donc j’en étais à la Mongolie, plan 2 (le plan 1 étant le train, j’ai l’âme cinématographique en ce moment !), scène 1 : arrivée en gare d’Oulan Bator sous un crachin inhabituel pour ce pays éternellement sec. Comme je ne vais pas pouvoir vous faire le film complet sous peine de vous assommer et de perdre irrémédiablement mes derniers et rares lecteurs, je tente de faire court : la Mongolie (enfin plutôt Oulan-Bator parce que la Mongolie ce n’est pas encore cette fois-ci que je l’aurais découverte), 5 jours passés à travailler (un peu) et à découvrir ou redécouvrir la ville (beaucoup), mais sous un autre angle, celui des gens qui y vivent. De restaurants indiens en bars hollando-mongols, de soirées underground hip-hop/folk (mais c’était pour le travail !! si, si !!) en discothèques du 4e millénaire, de balades sur la Peace Avenue en déjouage de deux attaques de redoutables pickpockets...
Parmi les redécouvertes : celle d’une ville curieuse, très russe, très soviétique mais où, depuis la dernière fois, les buildings en construction (seront ils jamais terminés ?) ont fleuris, les voitures ont envahis les rues et le mausolée du père de l'indépendance, Sukhe Bator, a disparu de la grande place de la ville (un peu comme si on congédiait Lénine de la Place Rouge, quel choc !), où on trouve de tout et on mange désormais très bien (ce qui ne m’a pas empêché de m’empoisonner méchamment avec le plat national, les « buuz », effectivement avec un nom pareil…). Je n’ai malheureusement pas pu sortir de la ville (pas facile toute seule) et « redécouvrir » la campagne mongole mais je suis retournée dans mes endroits préférés, comme le temple Gandang et connais désormais UB comme ma poche !


Parmi les découvertes : l’incroyable marché Narantuul (aussi appelé « marché aux voleurs » ou « marché noir ») où en un dédale de travées se résume la vie mongole. Du beurre, des baies, des dels (longues robes constituant le costume traditionnel mongol) de couleurs, des bottes en cuirs toutes plus belles les unes que les autres, du feutre, des chapeaux très élégants et ces adorables meubles peints qui meublent toutes les yourtes du pays (ce qui me vaut d’ailleurs de repartir avec un tabouret sous le bras, extrêmement pratique dans l’avion de retour !).


Je découvre également une jeunesse mongole libre et branchée, cosmopolite (beaucoup de métissage à ma grande surprise, on croise même des Mongols aux cheveux crépus), ouverte sur le monde, sachant s’amuser et discuter, bien loin des soirées karaokés niaises et des discours calibrés de la jeunesse pékinoise. Certes, je ne me leurre pas et sais bien qu’il s’agit là de la jeunesse un rien fortunée d’UB, qui peut partir à étudier en Allemagne ou s’offrir ses rhum-coca au Métropolis…
Quatre jours après mon arrivée je sais prendre le taxi toute seule sans trop me faire arnaquer (et je vous jure que cela n’a rien d’évident), commander mes plats au Han Buuz (le fast-food mongol empoisonneur) et je me sens loin, très loin de la Chine qui m’apparaît à travers le petit poste de télévision de ma chambre d’hôtel, avec sa cérémonie cucu d’ouverture des Jeux Paralympiques.
Curieuse ville qu’Oulan-Bator. Je n’y vivrais sûrement pas et dois reconnaître que mes premières heures de retour à UB ont été un peu raides, avec l’impression de revenir 4 ans en avant, quand perdues dans la ville la plus laide du monde, nous déprimions sec avec Maman, à trembler à chaque fois que nous entendions la moindre phrase en russe (traumatisme post-Russie). Mais je me suis bien amusée, grâce à mes deux hôtesses hors pair, Nathalie et Emelyne.

Oulan-Bator, où les anciens symboles communistes cohabitent avec Tokio Hotel...

Deux jours plus tard, à peine le temps de me remettre de mon intoxication à la buuz saveur mouton faisandé, me revoilà dans l’avion direction Qingdao, ville de bord de la mer au sud-est de Pékin, pour un séminaire et un week-end à la plage. Il fait beau et chaud et passer des steppes mongoles aux joies de la mer (même chinoise) est un régal. Si on arrive bien sûr à faire abstraction du défilé de maillots de bain des années 1940, tous plus atroces les uns que les autres. Moi j’ai eu du mal !


Nous sommes encore en plein Jeux paralympiques (Qingdao accueille les épreuves de voile) et croisons champions et entraîneurs dans une ville proprette, malgré les poissons séchés étalés sur le trottoir. Cette fois-ci encore je ne manque pas d’être surprise par la déferlante de mariés en train de se faire prendre en photo dans des poses absolument ridicules. Qingdao, avec son petit air européen et ses plages découpées doit vraiment être « the ultimate romantic place » en Chine. J’y penserai pour mes photos de mariage !


Enfin, dix jours plus tard dernier départ, pour le Japon et de vraies vacances cette fois-ci (même si ce qui précédait n’avait pas été franchement stressant). Retrouvailles familiales au Pays du Soleil Levant, un concept sympa.


Une mention spéciale tout de même pour la compagnie aérienne américaine qui m’achemine jusqu’à Tokyo (avec pour destination finale Hawaii) : pas moins de trois fouilles de tous mes bagages, interdiction totale d’emporter du dissolvant (Ben Laden déguisé en manucuriste ???) et dans le magazine décrivant les films en vol, le dessin animé « Kung Fu Panda » signalé comme « adult content » (« contenu adulte »). Bienvenue dans le merveilleux monde des Etats-Unis d’Amérique, encore plus dingue que le Japon par moment !
Mais revenons donc au Japon, qui est et demeure toujours mon grand amour. A peine débarquée à Narita, je me rue d
éjà dans un petit « convenience store » (supérette) de l’aéroport, comparer tous les plats délicieux qu’on peut y acheter à emporter (et puis les Américains de NWA m’ont affamé dans l’avion…). J’avais développé dans mon post sur Cuba ma thèse sur les « routes de l’aéroport », l’endroit où encore tout imprégné de son univers passé, on se rend compte qu’on est ailleurs. L’effet « route de l’aéroport » a lieu une fois de plus lorsque à peine sortie de Nari ta, alors que je sillonne la banlieue de Tokyo dans mon Skyliner ultra-rapide, je me retrouve surprise de voir des affiches électorales (chose inconnue en Chine). Je me rends compte que je viens de poser le pied dans une démocratie. Et j’en suis heureuse.
Notre hôtel est assez commun, mais situé dans un quartier agréable, celui d’Ueno (si on fait abstraction du côté un peu « rue St Denis » de notre pas de porte, avec clubs de strip-tease et prostituées chinoises à chaque mètre) et nous y avons une belle chambre à tatami et toilettes aux mille boutons !
Difficile de résumer 10 jours (et donc mon plus long séjour jusqu’à présent) au Japon en quelques lignes mais je dois m’y efforcer car sinon vous y seriez encore demain. Pourtant tellement de choses à dire… Sentiment de liberté grisant et électrique en marchant dans le parc Yoyogi, en descendant vers Shibuya, en ressentant les vibrations d’Harajuku. Chaque quartier est un trésor aux mille facettes. Je ne veux plus en partir et mon projet d’escapade dans la campagne japonaise ne fait pas long feu. C’est Tokyo que je veux ! En l’espace de quelques jours et de quelques rues je me retrouve projetée tour à tour à Paris, à Londres, à New York ou dans un village japonais oublié…


Je retrouve beaucoup de choses qui n’ont pas tellement changé depuis l’an dernier (ce qui est franchement différent de la Chine) mais découvre aussi de nouveaux quartiers : le havre de paix de Yanaka, entre cimetières, temples et cafés ; les virées shopping à Harajuku et Ginza, où je laisse toutes mes économies alors que l’euro ne cesse de chuter ! ; l’Ile d’Odaiba où j’arrive sous la pluie et qui semble tout droit sortie de « Blade Runner » ; Ryogoku et ses deux apprentis sumos juchés sur des vélos bien trop petits pour eux, comme dans un manga, tellement drôle ; l’immense marché aux poissons de Tsukiji où nous mangeons à 7 heures du matin, encore chaussées de nos bottes de caoutchouc de poissonnières, les sushis les plus frais du monde.

Tsukiji, 6 heures du matin... Le plus grand marché aux poissons du monde

Trois escapades quand même… La première est Hakone, au pied du Fuji. Plongés dans la brume nous n’apercevrons jamais le Mont Fuji mais nous mangeons les œufs cuits dans le souffre censés nous amener 7 ans de vie en plus et découvrons le « plaisir » du Onsen, le bain à la japonaise. Personnellement je n’ai pas franchement apprécié de me faire ébouillanter comme un homard et d’en ressortir avec la couleur, mais l’expérience n'en était pas moins intéressante. Et puis l’affiche à l’entrée interdisant l’accès à toutes personne portant des tatouages (car possible yakuza - mafieux -) valait à elle seule le détour ! Deuxième balade : Nikko la zen, qui me fait beaucoup penser à la ville de Nara visitée en 2007, les daims en moins, et où nous passons la nuit dans une guest-house aux allures de maison de campagne anglaise où tofu et thé vert sont la diète principale. Puis enfin Kamakura où je pars en solitaire, à la rencontre du Pacifique, du Grand Bouddha, de la lumière d’automne dans les temples et des burgers à l’avocat (et surfeurs) nippo-hawaiens.


Je retrouve aussi mon amie de Kyoto, Noriko, qui habite maintenant à Tokyo et chez qui je loge les deux derniers jours, mes compagnons de voyage étant partis découvrir les beautés du Sud. J’assiste avec elle au concert de The Cinematic Orchestra (Shibuya, le Cinematic Orchestra, une salle incroyable, des gens qui savent apprécier la musique, dansent et vibrent avec elle, c’est trop pour une seule fois…). Sentiment de bonheur comme seul le Japon peut m’en apporter. En allant à ce concert comme lors de mes promenades je suis émerveillée par la façon dont les Japonais sont en prise avec le monde tout en restant tellement uniques.


Puis Pékin et la déprime post-Japon. Après dix jours dans ma bulle de douceur, de beauté, d’énergie, j’ai l’impression de débarquer au fin fond d’une cambrousse moyenâgeuse. C’est sale, ça pue, c’est moche, c’est quoi ce pays ? Je crois vraiment qu’il est temps que ces chroniques chinoises changent de nom, j’ai besoin d’autre chose, j’ai besoin d’ailleurs, j’ai besoin de nouveauté et de liberté. Pas forcément le Japon, car je suis bien consciente qu’il est bien plus facile d’y être une simple touriste de passage que d’y vivre. Juste ailleurs.
Dès mon retour, je suis « heureusement » avalée par un flot de travail qui ne me laisse pas le temps de déprimer (et un anniversaire en perruque rose qui me remonte le moral de façon très efficace !). J’essaie désormais d’être autant que faire se peut « toute entière » à la Chine où je vis certainement mes derniers mois pékinois. Pas toujours facile,
mais avec un peu de bonne volonté…
Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Mercredi 24 septembre 2008 3 24 /09 /Sep /2008 15:49

Alors pourquoi suis-je donc partie en Mongolie ? Je vous avais laissé un peu sur votre faim la dernière fois en vous annonçant mon départ précipité pour le grand Nord sans vous en expliquer les raisons. Non on ne m’avait pas expulsée de Chine, non je ne reprenais pas ENCORE des vacances. Disons que je devais y convoyer une exposition et des livres afin de réduire les coûts de transport et surtout éviter de sacrés problèmes avec la douane sino-mongole. Et puis ça tombait plutôt bien parce qu’au même moment avait lieu à Oulan-Bator un festival de musiques monté par des français, avec un artiste que je comptais faire venir en Chine dans l’année.

Pékin-Oulan Bator

Voila donc comment nous nous sommes retrouvés, moi et ma caisse de 80 kg, sur le quai de la gare de Pékin, par une belle journée ensoleillée de septembre. Je m’apprêtais alors à refaire le chemin inverse à celui parcouru il y a déjà 4 ans, quasiment jour pour jour. Sauf que là plus de première classe avec maman mais compartiment de dernière, seule femme d’un wagon remplis de migrants du Shandong (province au Sud de Pékin) partis gagner leur vie en Mongolie. Heureusement mon compartiment n’est pas plein et je me retrouve seule avec un jeune mongol très calme et très propre. Avec les migrants tabagiques tous taillés sur le même modèle chemisette, ballerines chinoises et costumes de ville ringards parfumés à l’ail, ça aurait été une autre histoire.


A peine montée dans le train deux défauts fondamentaux dressent le chef de wagon contre moi : je suis une fille et j’ai le mauvais goût d’être occidentale. Après m’être faite incendier parce que j’avais eu l’impudence de vouloir regarder par la fenêtre du couloir au lieu de rester bien sagement en boule sur ma couchette, je me disais que le voyage commençait bien. Ce chef de wagon, non content d’être passablement antipathique, s’était en plus approprié la moitié du wagon pour son usage personnel. Il avait carrément réquisitionné un compartiment entier, devenu sa chambre et son salon (parfait pour recevoir les autres chefs de wagon) mais surtout la seule et unique salle des lavabos du wagon. Une organisation implacable :  la salle des lavabos pour stocker, couper et préparer son frichti, la chaudière du samovar (grand réservoir d’eau chaude indispensable pour remplir son thermos de thé ou se faire ses nouilles instantanées) pour cuire le tout et le compartiment pour manger le résultat de ses prouesses gastronomiques ferroviaires à grands renforts de « slurp, slurp ». Par contre en ce qui nous concerne, que l’on ne s’avise pas de vouloir traîner dans le couloir et pour se brosser les dents, tant pis, il faudra faire ça dans les toilettes immondes. Il a aussi déclaré la guerre aux migrants du Shandong qui me font bien rire et qui, comme de vrais gamins turbulents, n'en ratent pas une : ils se perdent sur le quai, oublient de remonter dans le train à l’heure, fument dans les couloirs, font du bruit, bref ne font que des bêtises et se font systématiquement houspiller. Le sort qu’ils infligent à mon seul point d’eau, à savoir les toilettes, me fait cependant nettement moins rire.

Compagnons de voyage

A peine sortis de Pékin, nous traversons des paysages magnifiques, gorges, canyons, montagnes j’ai de la peine à croire que nous sommes encore en Chine tant les rivières sont propres, le ciel bleu et l’air pur. Puis après être passés à travers des kilomètres de champ de maïs et de vignes, la végétation se fait de plus en plus rare. A Datong nous entrons pour de bon dans les terres sèches du Nord et c’est au soleil couchant que nous commencont à découvrir le début pelé du désert du Gobi.


Arrivés à Erlian, ville frontière chinoise, l’air s’est rafraîchit depuis Pékin. On nous prend nos passeports puis notre train (et nous toujours dedans) part dans un grand hangar où on change les roues de tous les wagons ! Si, si, les rails mongoles et les rails chinoises n’ayant pas le même écartement, on doit changer le châssis du train. Difficile à expliquer mais vrai ! Je profite de l’attente pour devenir la confidente des migrants du Shandong qui me racontent qu’ils quittent la Chine pour la première fois, pour gagner un peu plus sur un chantier de construction en Mongolie. Quelle excitation pour eux de quitter la mère patrie ! Au même moment, le chef de wagon découvre incrédule que je parle chinois et je passe donc du statut d’ « étrangère débile » à celui ô combien enviable alliée potentielle pour civiliser les migrants (ce qui me vaut des petites intentions comme un seau d'eau jeté juste avant mon passage dans les toilettes préalablement saccagées par les migrants ou encore une indulgence relative sur mes allées et venues dans le couloir).

Puis ça y est, après plusieurs heures d’attente, les passeports sont récupérés, les roues changées, nos bagages inspectés, et nous passons enfin la frontière passage à 1h du matin. Je tombe de sommeil quand la belle (et géante) employée de l’immigration mongole aux lèvres carmins (à 1h du matin je salue l’effort) et son acolyte le douanier Gengis Khan viennent nous contrôler. Encore une heure environ et nous redémarrons.

Et voilà nous sommes en Mongolie. Je ne peux m’empêcher de songer à mon excitation au même endroit il y a 4 ans, en entrant pour la première fois dans cette Chine qui occupait mes pensées depuis si longtemps !

Cette fois-ci je fais le chemin inverse, curieuse de découvrir un pays qui en 4 ans a du bien changer…

 

Changement des roues à la frontière sino-mongole

 

Je me réveille le lendemain matin, tirée du lit à 10h (j’étais la dernière du wagon à dormir si « tard ») par le chef de wagon qui avec sa grande délicatesse me balance une couverture en me disant : « Tu dors encore ? Allez, tiens !» (pour lui c’était une attention gentille).

La plaine est trempée par un crachin triste, paysage immense, puis Oulan-Bator (UB pour les intimes) apparaît, avec ses bidonvilles de yourtes. A nous deux UB !



Suite au prochain épisode (désolée) !

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 15:22

La première impression que l’on a d’un pays est bien souvent celle qui nous saisit dès qu’on emprunte la très universelle « route de l’aéroport ». Chaque pays dans le monde possède « sa » route l’aéroport. Ces routes d’aéroport qui pourraient faire l’objet d’un essai à elles seules, tant elles dévoilent (la pauvreté ou l’extrême richesse), surprennent (en nous transposant brutalement du monde clos et protégé de l’aéroport à un monde radicalement étranger), déçoivent (lorsqu’elle tendent toutes à se ressembler) ou trompent (comme celle reliant l’aéroport de Pékin à la ville, vitrine arborée et idéale d’un pays qui se rêve parfait). Et pour ne pas déroger à la règle, ma première impression de Cuba, c’est donc cette demie heure séparant l’aéroport José Marti (du nom du père de l’indépendance cubaine) du centre de la Havane. Une impression étrange. Etonnamment ce ne sont pas ces vieilles voitures américaines que l’on croyait du domaine du mythe et qui sont présentes absolument partout (et jusque sur le parking de l’aéroport), plus rutilantes les unes que les autres, qui me frappent le plus. undefined Non, il y a autre chose qui me surprend sans que je n’arrive à savoir quoi… Puis tout à coup, je comprends. Il n’y a aucune publicité. Aucun panneau, aucune affiche, rien. Pas même une petite bannière. C’en est choquant. On se rend alors compte à quel point la publicité a envahi notre quotidien jusqu'à faire partie intégrante de notre paysage et de notre vie. A Cuba, elle est interdite de rues, de télévision, de radio et remplacée par la propagande politique, offensive et sans nuances. « Viva Fidel », « Viva el Che », « No al imperialismo yanqui »,  « Bush terrorista », « Estudio, trabajo y fusil ». Toute une littérature...  Le décor est planté, bienvenue à Cuba.
undefined Il fait déjà nuit quand nous arrivons dans le centre de La Havane. Premier mojito dans l’hôtel d’Hemingway, musiques dans les rues désertes, fraîcheur des alizés... Et des retrouvaille émues avec la cuisine créole (arroz con frijoles – riz et haricots rouges – et bananes frites mmmm, même si on ne vient pas forcément à Cuba pour sa nourriture, j’y ai trouvé mon compte sans peine).
undefined Nous passons le premier jour à déambuler dans le vieux centre colonial de la Havane qui prend des airs de Disneyland version « Buena Vista Social Club » pour touristes. C’est beau, c’est propre, il y a des musiciens dans la rue mais on a un peu de mal à y croire. Et les vieillards fumant de gros cigares à l’entrée des musées ne sont là que dans l’espoir de se faire tirer le portrait par les cars de touriste. C’est en s’échappant vers la Havana Centro y le Vedado (où nous nous offrons une glace au fameux glacier Coppelia), deux quartiers plus récents, que bat encore le cœur de la ville. Quant au Malecon (l’avenue interminable qui longe la mer, balayée par la houle), il ne perd rien de son charme décrépi et j’en tombe littéralement amoureuse…

undefined Le Malecon, trompettiste et coucher de soleil

undefined Le lendemain nous louons une voiture et partons vers l’ouest de l’ile par le chemin des écoliers, en logeant toute la côte nord-ouest. Une route magnifique, zigzaguant entre palmiers, rizières et champs de cannes. Avec la mer azur à l’horizon. Les routes cubaines ne sont guère fréquentées et le danger princ undefined ipal consiste en fait à éviter les carrioles et les nids de poules. Et trouver son chemin… Car le gouvernement semble avoir plus à cœur de réaffirmer le triomphe de la révolution à chaque carrefour que d’y placer ne serait-ce qu’une seule indication. La solution : prendre un autostoppeur qui vous indiquera la route. Le stop (« hacer botella » en cubain) est une institution cubaine. Dans un pays où débrouille et entraide sont devenus un art de vivre et où seuls 30 habitants sur 1000 possèdent une voiture (et quelles voitures !), pas une minute sans que l’on ne croise un autostoppeur qui vous fait signe nonchalamment. Autant dire que pour se déplacer dans le pays mieux vaut avoir le temps. Un festin de langoustes et une petite baignade plus tard nous voici à Viñales, petit ville paisible, pays « guajiro » (nom des paysans à Cuba) entre « mogotes » (montagnes calcaires très découpées qui me font penser aux paysages du Vietnam et du Sud de la Chine) et champs de tabac. undefined A Viñales, nous décidons d’abandonner définitivement les hôtels (gérés par l’Etat et au rapport qualité-prix assez scandaleux) pour le charme des « casas particulares », chambres d’hôtes où on vous accueille toujours avec le sourire (moyennant quelques pesos convertibles). Après avoir contemplé la brume sur les « mogotes » et observé le curieux micro-marché de Viñales (deux stands, trois tomates, et une vente aux enchères de vieux habits) nous partons à la plage de Cayo Jutias. Un petit bijou sauvage, où la mer est fraîche mais bien agréable. Et à la nuit tombée, Viñales réserve encore des surprises le long de son unique artère, avec des soirées endiablées au club « Polo Montañez ».
undefined Nous reprenons ensuite la route par Pinar del Rio, l’une des grandes villes de l’Est et capitale de l’industrie du tabac, le long de l’autoroute nationale, toujours sans aucune indication et traversée de temps en temps par une vache ou un vélo.

undefined L'autoroute reliant Pinar del Rio à La Havane un jour de circulation intense !

Déjà cinq jours que nous sommes à Cuba et la circulation à la cubaine ne nous faisant plus peur (nous avons appris à nous guider à l’intuition), nous décidons de pousser jusqu’à Trinidad, de l’autre côté de l’ile vers « l’Oriente ». A l’arrivée, nous sommes un peu déçus par cette ville certes magnifique, avec ses rues pavées et ses façades colorées (qui me fait beaucoup penser à Salvador de Bahia), mais qui semble avoir perdu son âme. Une belle coquille vide, livrée aux « jineteros » (rabatteurs). Et c’est d’ailleurs la seule ville où on ne se sent finalement pas à l’aise, tous nos rapports avec les gens n’étant que purement mercantiles. J’y ai la même que impression que dans la plupart des villes décrétées patrimoine mondiale de l’UNESCO que j’ai pu visiter. L’impression un peu triste d’assister à la déshumanisation d’une ville et à la constitution d’un musée à ciel ouvert, tout entier tourné vers le tourisme mais dont les habitants sont absents. Car la préservation du patrimoine architectural comporte bien le risque de muséifier des endroits qui sont au départ des lieux de vie. Et c’est un même mouvement partout, du Vieux Pékin à Cuzco, de Trinidad à Luang Prabang… undefined Un peu lassées par notre déception trinidadienne, nous nous autorisons enfin une journée de plage. Nous avions, au départ, préféré nous tenir éloignées des grands complexes balnéaires de Varadero et Playas del Este. Et nous ne pouvons que nous en féliciter lorsque nous découvrons à Playa Ancon (plage de sable blanc au Sud de Trinidad) la clientèle de ce genre de resort « all included ». Canadiens obèses, russes imbibés et vieillards cacochymes. Déjà que nous nous n’avons eu de cesse de nous sentir un peu à l’écart des gens et de leur vie (le gouvernement ayant soin de nous séparer du reste de la population en nous obligeant à utiliser une monnaie différente et à se rendre uniquement dans des hébergements déclarés et dûment contrôlés, et puis notre argent à lui seul suffit à nous mettre à l’écart…car à Cuba il n’y a guère que les touristes capables de se payer le restaurant et de sortir dans les bars tous les soirs), nous découvrons là l’anti-Cuba et l’absurdité totale de faire 8000 km d’avion pour se retrouver les yeux dans les yeux avec ses chers compatriotes à se griller au soleil sans la moindre conscience du pays où l’on se trouve. D’ailleurs, dans certaines stations balnéaires, les Cubains sont tout simplement interdits de séjour dans les hôtels-clubs pour étrangers ! undefined Pour notre dernier jour à Cuba, nous faisons étape à Cienfuegos, ville coloniale de la fin du XIXe siècle, aux influences françaises marquées (elle fut habitée par une colonie de Bordelais, pour la plupart venue d’Haïti la voisine). A Cienfuegos nous sommes soulagées de retrouver une ville un brin plus « authentique » et ce malgré ses airs de gros gâteau à la crème avec ses villas roses et ses moulures de stuc…

undefined Maintenant que je vous ai dressé le compte-rendu de notre trop rapide séjour, que dire de Cuba. Une île rebelle qui est sous les feux de la rampe depuis le départ annoncé de Fidel… Départ qui ressemble davantage à de la poudre aux yeux, tant le Lider Maximo gardera la mainmise sur le pouvoir par l’intermédiaire de son frère Raul. « Une réforme cosmétique » pour citer un opposant au régime s’exprimant dans un grand quotidien français (parce que je n’attends pas les journaux chinois pour avoir un avis objectif sur la question).

Mais au-delà de ces considérations politiques récentes, c’est une réflexion plus profonde que m’a inspirée Cuba. Ou plutôt un doute immense. A vrai dire j’ai été surprise et profondément bouleversée dans mes convictions par cette semaine cubaine. Je précise…

Après avoir découvert les travers du « socialisme à la chinoise » (si tant est qu’on puisse encore parler de socialisme undefined dans ce pays), c’est sans illusion et avec un peu d’appréhension que je m’apprêtais à découvrir les noirceurs du communisme « a la cubana ». Et c’est là que s’installe le doute. Car Cuba ne peut se résoudre à une dictature gouvernée par un illuminé barbu en jogging Nike, opprimant et affamant son peuple. Encore une fois rien n’est noir ni blanc et Cuba c’est d’abord un immense paradoxe. D’un côté une population qui peine à joindre les deux bouts et qui n’a pas le droit de s’exprimer librement, de se déplacer librement, une île aux magasins vides à faire peur, une presse muselée, des familles séparées, une population carcérale record, une révolution permanente qui s’auto entretient et n’a pour but que sa propre continuité, et où tout le monde n’a qu’une idée en tête, partir. Oui Cuba c’est ça. Mais Cuba c’est aussi une médecine et une éducation de qualité pour tous, des « maisons de la culture » partout, gratuite et fréquentée, dans le moindr undefined e petit village, un sens de la communauté et de l’entraide qui fait pâlir les occidentaux égoïstes que nous sommes, une absence de toutes les angoisses liées à l’hystérie consumériste qui frappe nos sociétés, et beaucoup beaucoup de sourires, de tolérance et de générosité, malgré les coups durs, le manque de tout et cet embargo injuste qui les frappe depuis si longtemps. Alors quel parti prendre, sûrement pas celui de la dictature, j’en conviens. Et avec d’autant plus de force que je vis au quotidien dans un régime dictatorial et ai parfaitement conscience de ce que cela représente. Mais peut être concéder un doute face à un paradoxe troublant, un paradoxe à l’échelle de toute une ile, qui vit sans doute ses dernières heures, surprenant parce qu’unique au monde.
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Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 13:46

Pour célébrer la fin des pétards (des semaines d’explosions, de feux d’artifices et de nuits passées l’oreiller sur la tête, à se réveiller en sursaut en se demandant si la troisième guerre mondiale n’avait pas été déclarée…) et du Nouvel An chinois (bonne année du Rat !), je reprends ma plume électronique, après une absence prolongée due à 1- mon éloignement momentanée du territoire chinois, 2 - une flemme monumentale, 3 - trop de bruits d’explosion pour m’écouter penser…
undefined Mais en ce dimanche d’inactivité et de silence total, plus aucune excuse, je m’y mets.

Donc je vous avais laissé sur mon retour en Chine, au début du mois de janvier. Retour de courte durée car deux semaines plus tard je reprenais l’avion dans le sens inverse pour fêter l'anniversaire de mon grand "petit frère" et pour une série de réunions, une plongée en immersion sous les ors de la République, du Quai d’Orsay au Sénat et avec en prime une réception fabuleuse (avec une table pleine de fromages !!) au Trocadéro... Les vacances du Nouvel An chinois pointant le bout de leur nez à l’horizon (nous sommes passés de l’année du cochon à l’année du Rat le 7 février), j’en profitais pour prolonger ce séjour éclair (« relampago » en espagnol, l’un des mots préférés de cette langue, d’où le titre du post) dans la mère patrie, avec des vacances bien méritées (encore me direz vous, mais je fais des provisions dans la perspective des prochains mois à travailler sans relâche et sans week-ends, si, si !!!) et partir vers des destinations de rêves grâce à mes derniers billets-compagnie chèrement gagnés par mon dur labeur chez Air France (les « der des der », autant en profiter…).

undefined Sous les ors de la République (Sénat et Quai d'Orsay)

undefined Ma première destination, Rome, la ville éternelle et sa dolce vita. Arrivée un vendredi soir, repartie le dimanche midi. Soit une journée de visite menée tambour battant et qui ne m’a malheureusement pas vraiment laissé le temps de goûter aux douceurs de la vie romaine. Du Vatican au Colisée, du Forum à la fontaine de Trévise, je vais si vite que je n’ai finalement pas le temps de me laisser charmer. Malgré le ciel d’un bleu azur, le doux soleil d’hiver et les montagnes enneigées dominant majestueusement la ville. Dommage.
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Mais ma promenade du dimanche matin dans les ruines du Palatin restera tout de même un grand moment de poésie. J'ai la sensation de marcher dans les traces de Keats, de Byron et des grands romantiques, quasiment frappée du « syndrome de Stendhal » en découvrant cet enchevêtrement de ruines et d’époques, sous les pins et la brume matinale…
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Apres cette parenthèse romaine, je repartais quelques jours plus tard pour Cuba. J’allais y rester une semaine, durée exceptionnelle par rapport à toutes mes escapades précédentes. Pourquoi Cuba ? Parce que Cuba c’est l’alliage parfait entre mes chères Caraïbes et l’Amérique latine, parce que c’est loin, parce qu’on y parle espagnol (enfin plutôt le cubain !) et que c’est tout sauf la Chine… Par contre, je me rends compte que je suis en train de me spécialiser dans les pays socialistes : Vietnam, Chine, Cuba, ne manque plus que la Corée du Nord et on me refusera l’entrée au Etats-Unis la prochaine fois que je montrerai mon passeport à un poste frontière américain !

Raconter Cuba. Vaste entreprise. Quasi impossible. Par où commencer et comment avoir le culot de vouloir émettre quelque jugement que ce soit après une semaine seulement. Comme à mon habitude je me contenterai donc de quelques impressions éparses...dès le prochain post.

P.S : Le film dans lequel j'avais fait de la figuration à la fin de 2006 est enfin sorti en France. Il s'appelle "The Kite Runner" ou "Les cerfs-volants de Kaboul". Si vous faîtes bien attention vous me verrez dans la scène du mariage, alors ouvrez l'oeil !!

P.S 2 : Mon blog est à nouveau censuré depuis la Chine, j'espère que vous pouvez quand même y accéder !

undefined L'hiver sur le Tibre
Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 13:00
Un peu en retard pour Noël et le 1er janvier, un peu en avance pour le Nouvel An chinois, je vous souhaite à tous une excellente année 2008, une excellente année du Rat et surtout beaucoup, beaucoup de bonheur ! undefined

Long silence virtuel dû à une « interlude » mouvementée, de celles dont j’ai le secret, pour les fêtes. J’ai en effet momentanément abandonnée mon bureau pékinois pour revenir (avec joie !) à ma vie trépidante d’apprentie d’hôtesse de l’air.

Reprenons dans l’ordre. Retour en France le 20 décembre et départ pour la Guadeloupe dès le lendemain. Mer chaude, soleil, cocotier undefined s, alizés. Je retrouve là mes Antilles chéries et m’offre le premier vrai « break » depuis longtemps. Puis retour à mon nouveau bercail angevin pour cinq jours où j’ai vraiment eu la sensation d’être une oie gavée. Chocolat, foie gras, encore un peu de chocolat et surtout tous les fromages les plus malodorants de la créa undefined tion. Après ces quelques jours en famille, nouvelle traversée de l’Atlantique, destination la Guyane cette fois-ci, où je retrouve mon ami Manu, (que je n’avais pas vu depuis au moins deux ans) dans sa vie cayennaise. Curieux département français perdu dans la jungle, mélange de populations et de langues, restaurants où l’on ne parle qu’en portugais, feijoada, chercheurs d’or, rastas, moustiques et beaucoup de pluie. Et Manu qui m’entraîne dans une magnifique balade en forêt (merci Manu !), malgré ma peur des serpents. Nouvel An à manger les "raisins de la chance" au douze coups de minuit sur la Puerta del Sol de Madrid. Réveillon à l’espagnole, sans vraiment de plan établi, de bar et bar, jusqu’à très tard (un peu difficile en rentrant de vol le matin même !). Et un premier janvier à flâner dans les allées ensoleillées du parc du Retiro. Un vrai bonheur et une bouffée d’Espagne qui me fait le plus grand bien.
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Enfin dernier aller-retour transatlantique, direction Atlanta cette fois-ci, où je revois une autre amie, Elena. Retrouvailles avec les Etats-Unis enfiévrés par les élections et les caucus, terre promise du shopping et de la vie facile. Dernier vol en hôtesse, un peu d’émotion après quatre ans et demi passés à considérer l’avion comme ma deuxième maison. Adieu poste repos, décollage au cockpit, plateau repas avalé en vitesse dans le galley, garde épuisante où l’on se demande encore ce qui nous a pris d’accepter ce boulot, hôtels de rêve, aurores boréales, survols du Groënland, atterrissages au petit jour… De beaux souvenirs. Tout cela va me manquer…

Retour quasi sans transition à ma vie pékinoise, passablement épuisée alors que je suis précisément censée revenir de vacances… Pékin, où de nouveaux immeubles ont poussé, où les deux tours CCTV se sont rejointes, où les températures sont en baisse, où l'on s'affaire déjà à préparer le passage à l'année du Rat. Mais aussi et surtout un Pékin qui est plus que jamais saisi par une frénésie des Jeux Olympiques qui ne cessera désormais plus.

Une année 2007 qui fini donc comme elle avait commencée, sur les chapeaux de roue, et une année 2008 qui annonce encore beaucoup de mouvement et de surprises. En Chine ou ailleurs…
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Je vous souhaite à nouveau une très bonne année à tous ! Santé, bonheur, famille, amour, travail… Que l’année vous soit douce.

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Vendredi 2 novembre 2007 5 02 /11 /Nov /2007 16:58

Alors que Hué m’avait offert un ciel presque radieux, voilà que le déluge me rattrape à peine mon bus a t-il dépassé la ville de Da-Nang. Et une pluie diluvienne dont seule la mousson a le secret. Je réédite ma technique du « attrape-moi si tu peux » et cours sous la pluie jusqu’à l’hôtel préalablement repéré dans un guide pour éviter les rabatteurs. J’attends trente minutes, une heure, deux heures dans ma chambre, dans l’espoir d’une éclaircie qui me permettrait de sortir sans risquer la pneumonie. Mais rien n’y fait. Je me décide donc à braver la tempête avec mon petit parapluie (qui n’a jamais autant servi) qui fait pâle figure sous la pluie vietnamienne (le pauvre est habitué aux sécheresses pékinoises). Trente secondes plus tard je suis déjà trempée de la tête au pied. C’est donc une Julie ruisselante qui parcourt un Hoi An encore plus ruisselant. Hoi An est pourtant une ville absolument adorable, fruit des influences chinoises, japonaises et même portugaise venues de la mer. Dans le centre, quasi piéton, les petites maisons à étage miraculeusement conservées font figure de miracle dans un pays largement détruit par la guerre. On pourrait passer des heures à y déambuler, arpentant ses rues pittoresques et scrutant tous les petits détails ornant chaque maison, chaque temple. Sauf qu’on a beau être dans le plus bel endroit du monde, la pluie rend toujours les choses un peu grises et tristes. Et surtout qu’après quelques heures passées les pieds trempés, à éviter les flaques d’eau, on se lasse vite. Je suis donc mise au repos forcé. Finis les excursions et crapahutages au pas de course, à Hoi An je prends mon temps et erre de café en café (et Hoi An possède de merveilleux petits cafés où on trouve de superbes pâtisseries françaises - opéras, mille-feuilles, j’en passe et des meilleurs ! - que l’on peut déguster sur une terrasse en regardant les gens passer sous leurs ponchos de pluie), me refais une vraie culture TV5 (diffusé dans tous les hôtels vietnamiens), lis, écris... Le soir, n’y tenant plus de tant d’inactivité, je pars voir un spectacle pseudo-folklorique kitschissime, supposé restituer « l’essence de la civilisation Cham » (culture du centre du Vietnam, très proche de la culture indienne, ayant connue son apogée entre le IIe et le XVe siècle) si tant est que les affreux costumes d’animaux à paillettes dont sont affublés les pauvres danseurs aient quelque chose à voir avec la culture Cham. Afin d’éclairer ce mystère, je prends la décision de tenter un tour du côté du site Cham de My Son dès le lende main. La météo m’ayant laissée un peu de répit, la découverte de ce lieu saint de l’ancien royaume du Champa me plait beaucoup et je me perds avec délice entre les ruines millénaires, humant les odeurs de frangipanier et de terre mouillée, avec presque l’impression d’être un Indiana Jones exhumant une cité perdue (bon à vrai dire, il faut courir un petit peu pour ne pas être rattrapé par la meute d’autres Indiana Jones derrière vous). Je découvre aussi un pan d’histoire du Vietnam qui m’était encore complètement inconnu (et il faut dire qu’en la matière mes lacunes sont immenses), celle du Vietnam d’avant la colonisation et des influences de l’hindouisme dans un pays où l’héritage culturel est avant tout marqué par le monde chinois (par contre pas de traces d’animaux à paillettes, curieux non ?). Profitant de cette trop belle accalmie (car on ne peut pas vraiment parler de beau temps), je pars ensuite en vélo jusqu’à la plage de Cua Dai, à quelques kilomètres de Hoi An, une très grande et belle étendue de sable blanc mais battue par les vents, où je suis presque la seule à me baigner. Pourtant que la mer est bonne, me rappelant mes chères Antilles. Mais la trêve aura été de courte durée et déjà les gouttes recommencent à tomber. Je recommence alors mon cycle de pâtisseries, TV5, poisson cuit dans des feuilles de bananiers et m’autorisent une virée shopping (ou plutôt couture, Hoi An étant le paradis de la robe sur mesure !) pour pas grande chose et une soirée manucure ! Mais si je ne devais garder qu’un seul souvenir de Hoi An (hormis son charme et son poisson dans une feuille de bananier) c’est sans doute ma rencontre avec l’honorable propriétaire d’une belle demeure coloniale de l’ancien quartier français d’Hanoi, qui me reçoit chez lui un matin, alors que je cherchais à m’abriter de la pluie sous son porche. Avec ce vieux monsieur, c’est une véritable plongée dans l’histoire que j’accomplis en quelques minutes. Il me fait visiter sa maison, qui n’a pas beaucoup dû changer depuis les français, les voisins de son enfance ; me montre l’autel qu’il dédie à ses ancêtres puis commence à me parler, dans un français parfait (j’ai été absolument époustouflée par les dons linguistiques des Vietnamiens) de sa vie et à me questionner sur la mienne. Lorsqu’il apprend que j’ai étudié les sciences politiques et que je vis en Chine, ses questions fusent de plus belles. Et il avance la grande question, l’inévitable, en me demandant mon avis quant aux futures des régimes socialistes chinois et vietnamiens. Il faut dire que cette question je me l’étais posée maintes fois. D’abord en constatant l’omniprésence de la propagande socialiste au Vietnam, et cela bien plus qu’en Chine. Partout de grands panneaux vantant la victoire (la fête nationale ayant eu lieu il y a peu), Ho-Chi-Minh et le triomphe du socialisme. J’en étais presque venue à me demander si le communisme vietnamien n’était pas finalement plus vivant qu’en Chine où il n’est plus, à peu de choses prêt, qu’une vulgaire mascarade (sauf pendant les grands ramdams type 17e congrès du Parti qui vient de se terminer). Je réponds assez prudemment, ayant appris en Chine à peser mes mots et à tester mes interlocuteurs (il ne faudrait pas tomber sur l’œil de Moscou en personne !). Mais le vieux professeur se lance alors dans un démontage minutieux du régime actuel, m’expliquant que le déférlement de propagande est plutôt le dernier soubresaut de la bête à l’agonie et que la jeunesse vietnamienne et la croissance ultra-libérale que connaît aujourd’hui le pays, pousseront de toute façon le régime actuel vers la porte de sortie. Une sorte d’autodestruction programmée, par la force des choses et sous les influences de la mondialisation, beaucoup plus facilement envisageable dans un « petit » pays comme le Vietnam que dans la grande Chine, mastodonte de masses agricoles, quasi-imperméable à toute influence politique extérieure, où les changements devront attendre bien plus qu’une génération. Deux pays socialistes en pleine schizophrénie, entre communisme et société ultra-capitalisme aux taux de croissance à deux chiffres, mais qui ne s’acheminent peut-être pas vers le même avenir. Le discours de ce monsieur m’étonne par sa grande clairvoyance (dans un pays où les médias et les opinions restent étroitement contrôlés) et sa franchise, surtout de la part de quelqu’un que je connais à peine. Je lui demande s’il n’est pas inquiet de me dire les choses si ouvertement et il me répond que si j’avais été vietnamienne, il aurait gardé cela pour lui. Pourtant, pas sûr qu’en Chine un Chinois se serait risqué à de tels déclarations, même (ou peut-être surtout) avec un étranger…

Oncle Ho aurait-il raté le coche ?

Le retour à Hanoi m’offre une trêve de beau temps dont je profite en prenant le frais sur les terrasses du centre-ville et en chevauchant des « motobikes » dans le Hanoi nocturne. Mais cette euphorie est de courte durée. Le lendemain, mauvaise nouvelle, un typhon (répondant au doux nom de Lekima) s’approche et plus aucun bateau ne part pour la baie d’Ha Long. Quand typhon rime avec déception. Moi qui ne rêvais que de jonques voguant sur les flots azurs dans la majestueuse baie d’Ha Long pour mes deux derniers jours de voyage (ma cerise sur le gâteau !). Complètement raté, échec sur toute la ligne, la baie d’Ha Long sera pour un prochain voyage. Ca m’apprendra à tenter l’Asie du Sud-Est en période de mousson. Je me fais une raison et en profite alors pour découvrir Hanoi de fond en comble, faisant le tour des marchés et des temples et allant jusqu’à rendre visite à Oncle Ho devant son mausolée, copie conforme de tous ses petits copains socialistes orientaux. Pour mon dernier jour, je me décide finalement pour une balade dans les alentours de Hanoi. Quelques jolis temples, de beaux paysages et un endroit surnommé « la baie d’Ha Long terrestre » (en guise de lot de consolation), qui me fait beaucoup penser à Guilin dans le Sud de la Chine. Mais on a beau dire, un tour de barque sous une pluie battante qui vous arrache le parapluie des mains et n’épargne pas une centimètre carré de votre petite personne, n’offre peut être pas les conditions idéales pour goûter aux beautés du paysage. Heureusement, je fais en ce dernier jour la connaissance d’un groupe d’espagnols et d’un américain (exilé comme moi à Pékin) avec lesquels je passe ma dernière soirée hanoite à regarder la pluie tomber, entre barbecue de pattes de poulet et bars hanoites déserts.

Good bye Vietnam. Un peu de déception (notamment à cause du temps) mais beaucoup de découvertes, de rencontres et de simples moments de bonheur, que mon état de voyageuse solitaire m’a d’autant plus permis d’apprécier. Après le choc de l’arrivée dans l’apocalypse hanoite, ayant appris à marcher à « pas de glandeurs » et m’imposant (à cause du mauvais temps) un rythme plus lent, je me suis laissée charmer par ce pays, prenant le temps de profiter de petits moments de magie, comme ce petit pain au chocolat dans le train, la rencontre avec le vieux professeur de Hoi An, les petites mamies espiègles m’offrant des fleurs odorantes, tombées avec la pluie, devant le temple de la Littérature… Et puis cette douceur de la vie, si propre à l’Asie du Sud-Est et qui me fais presque irrémédiablement me sentir chez moi dès que j’y mets les pieds. Je reviendrai très certainement au Vietnam mais sous le soleil cette fois, et j’ose espérer que je pourrai alors réaliser mon rêve de baie d’Ha Long. Un rêve bien lointain désormais, du Pékin congelé d’où je vous écris (pas de chauffage avant le 15 novembre et il fait très très froid dans les maisons, brrr) et où les rues me semblent étrangement calmes. P.S : En attendant de repartir à la découverte du Vietnam, je ramène pleins de bonnes adresses et de bons plans que je serais très heureuse de vous faire partager, avis aux amateurs !

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /Oct /2007 16:51

Après cet interlude pékinois (pour cause d'anniversaire), je reprends donc mon récit là où je l'avais laissé...

Mon arrivée à Hué c’est d’abord une course sous la mousson pour tenter d’échapper à la nuée de rabatteurs m’attendant à la sortie du train. En effet, pour couper court à toute tentative d’arnaque et de rabattage vers des hôtels minables (comme celui d’Hanoi) je préfère encore marcher mon bon kilomètre, chargée de mon sac à dos-carapace de tortue, sous une pluie battante jusqu’à l’hôtel repéré dans mon guide. La bonne idée ! Je trouve sans aucun problème un hôtel très mignon, avec des réceptionnistes adorables pour quelques dollars. Après une bonne douche bien méritée, je pars sillonner Hué et ses environs à l’arrière d’une « motobike » avec chauffeur (s’il vous plait !), louée pour la journée. Hué, « petite » ville de 400 000 habitants (selon mes critères chinois), ancienne capitale impériale du Vietnam et classée patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ne manque à vrai dire pas de choses à voir. Je commence donc par la citadelle, monument emblématique de Hué et version vietnamienne de notre cité interdite pékinoise mais sur laquelle les Américains auraient déversé toute leur cargaison de feu d’artifices (Hué ayant eu la mauvaise idée de se trouver tout près de la ligne de séparation entre Vietnam du Nord et Vietnam du Sud). Plus grand-chose à voir donc mais une balade non dénuée d’intérêt et l’occasion d’une intéressante comparaison avec la Cité Interdite (avec sa « porte du midi », sa zone réservée à l’empereur et ses proches…). Après un déjeuner autour d’un bol de pâtes aux herbes à la mode de Hué (j’en ai oublié le nom, quelle honte !), mon chauffeur de motobike, M. Tung m’emmène dans tous les petits recoins aux alentours de Hué et me fait visiter les fameux tombeaux de la famille impériale (encore une fois, ceux-ci sont construits sur le même principe que les tombeaux Ming aux alentours de Pékin). Etant un peu saturée de temples et autres tombeaux depuis que je vis en Chine, je me contente d’un petit tombeau quasi-anonyme, perdu au milieu de la nature, où je peux déambuler toute seule, et du tombeau de l’empereur Tu Duc (ayant régné de 1848 à 1883) où je prends le temps d’humer l’odeur des frangipaniers et de méditer face à l’étang en forme de demi-lune. Mais c’est le petit tour dans la campagne aux alentours de Hué qui me ravi le plus. Le nez au vent à l’arrière de la mobylette de M. Tung, je respire la campagne vietnamienne. D’ailleurs si je devais citer une différence frappante entre Vietnam et Chine, c’est sûrement que le Vietnam…sent bon. On y est entouré en permanence par des odeurs d’herbes, de coriandre, de menthe, de fruits, de frangipaniers, de cannelle, de café, d’encens… Un vrai voyage olfactif et un régal pour quelqu’un comme moi pour qui les odeurs comptent tellement (et dieu sait si j’en souffre dans la Chine des odeurs de toilettes et de tabac !). Mais je ferme la parenthèse et reviens à la campagne de Hué. Après Pékin, Tokyo et Hanoi c’est ma première vraie plongée dans un monde de nature et d’eau depuis un petit bout de temps. Nous parcourons des villages où l’encens sèche au bord des routes, nous nous engageons sur de tout petits sentiers entre les arbres…Un petit monde paisible qui défile sur un fond de rizières étincelantes où piétinent les buffles. Je passe aussi un bon bout de temps à manger du nougat avec monsieur Tung, assis sur un petit stand de village, face à un pont couvert sous lequel des mamies espiègles font la sieste en fumant des cigarettes. Derrière moi, le seul marché du village, deux étals de bric à brac en tout genre, endormis par la chaleur. Après la pluie de ce matin, le soleil a brillé toute l’après-midi et j’ai même attrapé mon premier (et unique !) coup de soleil vietnamien. Mais le jour commence déjà à baisser sur les rizières et le crépuscule tombe sur la rivière des perles. Le retour à Hué, la (presque) grande ville est déconcertant. D’autant que je choisi de m’enfiler dans le dédale du grand marché de Dong Ba, où règne une vraie frénésie commerçante baignée par les effluves de Nuoc Mam (la sauce ce poisson fermentée qui fait aussi partie de l’odyssée olfactive !) et de poissons séchées, et où je reste fascinée par la mer de chapeaux coniques. Car Hué est aussi, depuis des siècles, la capitale du chapeau traditionnel vietnamien qui sert aussi bien pour se protéger de la pluie que du soleil. Une vraie merveille de technologie !

Ma journée à Hué a filé à toute vitesse et une prochaine étape m’attend, que je laisse pour un prochain post…

 


P.S : La censure des sites web depuis la Chine étant de plus en plus sévère (serait-ce dû au 17ème Congrès du PC chinois qui vient de se terminer et pendant lequel les autorités auraient décidé de reprendre la main sur l'internet chinois ??), la plupart des sites me sont désormais inaccessibles, dont Youtube et Dailymotion (pour en savoir plus, lire cet article http://www.aujourdhuilachine.com/article.asp?IdArticle=4639). Donc plus de vidéo sur ce blog jusqu'à ce que nous obtenions un peu plus de clémence de "Da Ge" ("Big brother" en chinois)... En espérant que ce petit post-scriptum ne me vaudra pas un bannissement de mon propre blog ! Quel pays… Et les choses ne vont pas franchement en s’arrangeant. Un pas en avant, combien en arrière ?


Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 16:48

Vacances du 1er octobre (fête nationale chinoise) au Vietnam, 26 septembre - 4 octobre

Le Vietnam cela faisait longtemps que j’en rêvais. Un voyage pourtant maintes fois reporté, mais dont l’idée n’avait eu de cesse de me tarauder depuis mon arrivée en Chine. Envie d’exotisme, de chaleur, d’humidité (pour le coup j’allais être servie), et surtout curiosité et désir de confronter la réalité de ce pays aux mythes que la Française que je suis continuais de ruminer sur l’Indochine et les années de guerres. Ce voyage si court m’a justement permis d’aller un peu au-delà de ces fantômes et de me donner quelques pistes aussi bien sur le passé précolonial que sur le Vietnam contemporain, si proche et si différent de son cousin chinois, avec lequel la comparaison s’imposait tout naturellement.

De ces quelques jours de voyage (trop court !) dans le Nord et le Centre, je ne vous livrerai donc qu’une modeste mosaïque d’impressions et vous invite plutôt à aller jeter un coup d’œil sur le blog de Claire (qui y a passé plusieurs mois) pour une perspective plus approfondie (http://travelbug.over-blog.com)

Le Vietnam, c’est d’abord une bouffée de chaleur humide qui m’assaille sur la piste détrempée de l’aéroport de Noi Bai. Il fait déjà nuit noire mais je suis saisie par la moiteur tropicale de cette fin de saison des pluies. En voyageuse avisée, je m’étais dit que mon arrivée à minuit (via Canton) se passerait d’autant mieux si je pouvais me réserver un petit hôtel sans avoir à errer dans un Hanoi endormi en quête d’une chambre pour la nuit (la grande angoisse de tout voyageur à mon sens, et je parle en connaissance de cause !). Ma déception sur place est grande en constatant l’accueil plus qu’indifférent du réceptionniste et la décrépitude des lieux. Au programme souris cascadeuse (jusque dans la salle du petit-déjeuner où madame nous nargue allégrement), moisissure et chambre sans fenêtre… Avec pour couronner le tout, une taxe dont on me demande de m’acquitter le lendemain alors qu’aucun hôtel ne la demande jamais. Pensez à bannir le Prince Hôtel 1 de votre carnet d’adresse vietnamien (les bonnes adresses suivront, je vous le promets).

Je me réveille donc le lendemain matin avec la ferme intention de quitter cet enfer au plus vite. D’autant qu’à chaque voyage (sauf peut être au Japon ! Cas particulier s’il en est !) s’opère en moi le même processus : j’arrive, prends peur, veux immédiatement rentrer à la maison (ah mon doux foyer pékinois ! Je lisais un livre assez amusant qui définissait le voyage comme l’art de « s’envoler vers une terre étrangère, abandonnant avec empressement tout le confort de sa propre maison pour dépenser une vaste quantité de temps et d’argent dans une tentative futile de récupérer le confort que vous n’auriez pas perdu si vous étiez restés chez vous dès le départ»*), puis me laisse conquérir petit à petit jusqu’à ne plus vouloir repartir. C’est un peu ce qui s’est passé au Vietnam.

En ce premier jour de voyage en solitaire, je suis un peu déconcertée par la capitale vietnamienne. Hanoi est une belle ville, qui étale ses charmes décrépis avec langueur, mais qui peut être d’un abord un peu rude et peut être un peu trop violent pour une première journée au Vietnam. Les gens dont je ne comprends pas la langue (toujours cette même frustration de ne pas pouvoir communiquer à peine passées les frontières chinoises), les arnaques et les sollicitations à répétition (« motobikes, motobikes !»), le temps toujours incertain et puis la circulation (ah, la circulation !!), le bruit, les klaxons incessants, les trottoirs envahis par les motos et les flaques d’eau. Je me promène toute la journée, de l’Opéra au lac, en passant par la cathédrale. Je parcours les petites rues sinueuses, toutes consacrées à une profession (rue de la soie, rue du sel…),  déambule dans les marchés mais ai vite la sensation d’avoir fait le tour de la question, avec une seule idée en tête, trouver un endroit pour m’abriter du bruit infernal.

Pourtant, dès le premier soir, mon voyage commence à prendre de l’intérêt avec la rencontre d’André le Viêt-Kieu (nom donné aux vietnamiens d’outre-mer), qui m’invite à une Bia Hoi (bière pression servie sur le trottoir, véritable institution à Hanoi et très agréable) et m’emmène manger les meilleurs nems de ma vie. Il me raconte sa vie tourmentée, sa femme bretonne, ses enfants adoptés au quatre coins du monde et j’observe avec curiosité la réaction des vietnamiens qui l’entendent parler français et ne peuvent s’empêcher de le questionner sur sa « double vie » entre France et Vietnam. Mais surtout, André me donne la clé de mon séjour vietnamien en m’enseignant l’art de traverser la rue « à pas de glandeurs » (et là je le cite). En effet, rien ne sert de faire ma pékinoise pressée, ici il faut avancer doucement, mais sûrement, afin de laisser aux conducteurs de « motobikes », cyclo et autres engins infernaux le temps d’appréhender votre trajectoire et de vous contourner. Et je vous promets que ça marche (la preuve, j’ai survécu une semaine à ce rythme !).

Mais l’appel du large se fait (déjà) sentir. Je me promets donc de faire plus amples connaissance avec Hanoi un peu plus tard et je prends (le soir même) le train pour Hué, faisant le pari risqué d’éviter la pluie prévue sur nord dans les prochains jours en me dirigeant vers le centre tout aussi pluvieux. Je retrouve à cette occasion ces gares d’Asie du Sud-est, détendues et ouvertes, bien loin des fourmilières chinoises. Le train Hanoi-Saigon (je m’arrêterai au milieu, à Hué) ressemble à s’y méprendre à un train chinois, la propreté et l’odeur de tabac en moins. Mais le wagon restaurant tout en bois est charmant, tout comme mes camarades de compartiment, tous deux originaires de Hué, avec qui je communique tant bien que mal dans un anglais approximatif et qui m’apprennent mes premiers mots de vietnamiens. A mon réveil, je savoure un petit pain au chocolat délicieux (héritage français bien entendu) en regardant défiler les bananiers par la fenêtre. Hanoi est loin, je commence enfin à me rendre compte que je suis sous les tropiques. Et cette simple pensée me transporte de bonheur.

 

* La traduction étant un art dont je suis loin de maîtriser les subtilités, je retranscris ici la phrase dans sa version originale.

You fly off to a strange land, eagerly abandoning all the comforts of home, and then expend vast quantities of time and money in a largely futile attempt to recapture the comforts that you wouldn’t have lost if you hadn’t left home in the first place”. - Bill Bryson -

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Dimanche 7 octobre 2007 7 07 /10 /Oct /2007 17:50

Tokyo - 15, 16 et 17 septembre 2007

De retour à Pékin. Enfin ! Et comme je le disais dans le post précédent, plus aucun déplacement prévu avant novembre, où une réunion de travail me conduira du côté de Canton (ce qui me permettra sûrement d’aller faire un petit tour à Hong Kong).

Je reprends donc, tant bien que mal, là où je vous avais laissé en septembre (tant pis pour le récit de mes escales estivales, de ma découverte de New York ou de mon aperçu de l’Iran, me pardonnerez vous ? Mais j’ai vraiment pris trop de retard…), à savoir ma folle escapade nippone. Où comment j’ai décidé, sur un coup de tête (et grâce à mes billets-compagnie Air France !), d’aller passer le week-end le plus excitant de ma vie dans la capitale du soleil levant. Il faut dire que depuis ma découverte du Japon en février dernier, je m’étais jurée d’y repartir le plus vite possible, et mon impatience était d’autant plus grande que Tokyo m’était resté inconnu, faute de temps.

En ce samedi matin d’automne, c’est avec grand bonheur que je reprenais la Japan Airlines (où, comme je le disais en février, le voyage commence vraiment, avec les petits plateaux avec chaufferette intégrée et la soupe miso !), direction Tokyo-Narita, avec en guise de bienvenue, une vue magnifique sur le mont Fuji perçant à travers les nuages. Quatre heures après avoir quitté Pékin, je suis déjà au cœur d’un Japon submergé par la chaleur. Par la fenêtre du train qui m’emmène de l’aéroport au centre, je découvre un Japon bien différent de celui de février dernier, un Japon estival, où toutes les équipes de baseball (l’autre sport national avec le sumo, les américains sont passés par là !) s’entraînent en ce samedi ensoleillé. A peine le temps de poser mon micro-sac dans une petite auberge de jeunesse adorable, avec tatamis et portes coulissantes (et surtout d’une propreté sans égal. Ah, le Japon !), me voilà partie à la découverte de Tokyo. Décidée à m’en mettre plein la vue, je commence par prendre de la hauteur. Je monte au 45e étage de la tour des bureaux administratifs de la ville de Tokyo, dans le quartier de Shinjuku. Et, à peine sortie de l’ascenseur, j’ai le souffle coupé. Osaka fait pâle figure à côté de cette jungle urbaine sans pareil. Je ne sais même pas si New York m’avait semblé si incroyable. En face, le Century Hyatt, où Scarlett ruminait des idées noires en culotte rose. Je ne sais pas ce qui lui arrivait à Scarlett, mais pour moi Tokyo c’est, bien au contraire, une vraie poussée d’adrénaline euphorisante. Je me perds dans la gare et les rues du quartier de Shinjuku, me laisse éblouir par les lumières... Puis direction Shibuya, où je suis prise dans un flot humain bigarré dans ce qui doit être l’un des carrefours les plus fréquentés de la planètes. Je m’installe alors à la vitre du Starbucks qui surplombe le carrefour de Shibuya (oui, j’ai honte, car je suis pourtant une anti-Starbucks fanatique, mais je vous jure que c’était la première fois !) et passe une heure entière à contempler les gens en train de traverser le carrefour. Rien d’extraordinaire me direz vous. Pourtant on se laisse hypnotiser par cette marée humaine impressionniste, ces milliers de têtes noires disciplinées (pas un qui se risquerait à traverser lorsque le feu est rouge). Et je les regarde traverser 1 fois, 20 fois, 100 fois. Feu rouge, feu vert, c’est comme presser sur un bouton qui déclencherait un ballet humain, un rituel immuable, seulement dérangé par une étrange procession de gens en costumes traditionnels, agitant un petit palanquin où trône un bouddha rigolard. Mais ici, plus rien n’est étrange ici, plus rien ne surprend. Je passe la soirée dans le quartier de Roppongi, en compagnie d’un ami d’ami (merci Pedro !) vivant depuis quelques mois à Tokyo, auprès duquel j’essaie de deviner ce à quoi peut ressembler la vie d’un gaijin (étranger) à Tokyo, autour de sushis à tomber par terre, forcément !

Le lendemain (le marché aux poissons de Tsujiki étant malheureusement fermé), je pars de bon matin parcourir les petites rues du quartier d’Asakusa, où se trouve mon hôtel. Un dédale de ruelles commerçantes (j’y ai trouvé une boutique très marrante, spécialisée dans la vente  d’aliments en plastiques ornant les devantures des restaurants japonais) qui s’articulent autour du temple Senso-ji et qui me fait beaucoup penser aux villes du Kansai, avec un côté beaucoup plus humain que le Tokyo que j’ai découvert la veille. Il fait déjà très beau et très chaud, les patchinkos (salles de jeux, une institution au Japon) se réveillent doucement et les magasins sont tous décorés de feuilles rouges d’automne. Je prends ensuite le métro en direction de Ginza, le quartier des boutiques chics, pour voir une pièce de kabuki (théâtre traditionnel japonais) à laquelle se pressent toutes les élégantes en kimonos. Je ne comprends pas grand-chose (même à vrai dire rien du tout) mais j’apprécie la façon dramatique dont les acteurs, tous masculins (même les femmes sont jouées par des hommes), déclament leur texte ainsi que l’engouement du public, n’hésitant pas à réagir bruyamment aux tirades et rebondissements. Je fais un petit tour du côté du palais impérial (interdit au public) puis part terminer l’après midi à Harajuku. En gardant Harajuku pour la fin, c’était un petit peu comme si j’avais voulu garder le meilleur pour la fin. A peine sortie du métro, on y va d’étonnement en étonnement. Autant, jusqu’alors, Tokyo m’avait finalement moins surprise et charmée que ce que j’imaginais, autant les quelques heures passés à Harajuku auront suffit à me rappeler pourquoi j’aime autant le Japon. A Harajuku vous pouvez vous retrouver plongé dans les ambiances les plus excentriques, comme celle qui règne sur le pont Jingu-bashi, grand point de ralliement des « freaks », adeptes du cos-play (Costume Play Gang) en tous genres, mangas vivants se déplaçant tous avec une petite valise dont ils extraient les costumes les plus délirants, et avec lesquels ils paradent, s’admirent, se prennent en photos. Mais quelques minutes plus tard vous pouvez tout aussi bien vous retrouver envahi par l’émotion en assistant, dans un temple au milieu des pins, à un mariage traditionnel, où les mariés sont si beaux qu’on en viendrait presque à douter qu’ils soient humains. Et puis à la sortie du temple, le Japon vous offre encore un de ces moments de beauté dont lui seul a le secret, une femme en kimono d’apparat, penchée au dessus d’un petit pont, contemplant l’eau qui coule. Pas un bruit, la femme qui sourit, seule face à l’eau. Enfin, le parc de Yoyogi, un vrai écrin de bonheur dans une ville folle. Des sosies d’Elvis (les takenokozoku) qui dansent des rocks endiablés (à mourir de rire), des percussionnistes du dimanche, des capoeiristes amateurs, des jongleurs, des rappeurs, des danseurs de claquettes… Et tout ce petit monde avec le sourire aux lèvres, et l’air de follement d’amuser. Un vrai bonheur communicatif qui me fait définitivement tomber amoureuse de Tokyo et du Japon.

Mon week-end se termine donc en apothéose, entre reggae japonais et kimonos bigarrés. Un concentré d’émotions en 48 heures et une impression de « retour à la civilisation » après un mois seulement passé en Chine. Comme la dernière fois, les retrouvailles avec Pékin, étouffé de pollution, sont difficiles. Mais quelques jours plus tard je m’en échappais déjà pour une autre parenthèse asiatique, de l’autre côté du pont de l’Amitié, aux antipodes du Japon ultra-développé : le Vietnam.


 

 

 

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 20:49

CDG-TNR-LIS-JFK-IAD…, je m’emmêle dans mes codes d’aéroport et manque passablement de sommeil. Plus la force d’écrire, place donc aux photos… En attendant les textes (que je vous promets dès que j’aurai réussi à passer plus de 24 heures au même endroit !!).

 



Quelques semaines plus tard... Le 8 août 2007...

 

 

Ca y est, j’y suis arrivée, j’ai posé mes valises pendant trois jours et ai pu ainsi retrouver 1/la forme, 2/mon bronzage (et ça c’est capital !) et 3/le temps d’écrire ! Et de vous faire découvrir rapidement mes dernières destinations…

Tout d’abord (et cela remonte déjà au début du mois dernier, que le temps passe vite !), une pause dans mes escales américaines : Madagascar, à 10 heures de vol, ancienne colonie française mais qui ne m’était pas moins complètement inconnue.

En fait, alors que je m’attendais à découvrir une île de l’Océan Indien plus ou moins similaire à ces voisines mauriciennes ou réunionnaises, j’ai été véritablement surprise par la particularité et l’originalité de la faune, de la flore, des paysages, de la population et de la culture malgaches. En trois jours, j’ai été véritablement étonnée de la foule de chose qu’il m’a été donné d’apprendre rien qu’en sillonnant la capitale Antanarivo et ses alentours. Et au palmarès de mes découvertes, les lémuriens malgaches, les petits villages en terre rouge, les hautes terres volcaniques mais aussi et surtout des traditions particulièrement vivantes comme celles du retournement des morts (cérémonie annuelle qui consiste à exhumer le défunt pour le faire passer du statut de mort à celui d’ancêtre) ou bien une cérémonie de transe vouée à intercéder auprès des esprits. La religion un aspect de la vie malgache qui m’a proprement fasciné puisque les croyances des malgaches associent sans aucune difficulté animisme pluriséculaire, christianisme (protestant surtout) et, chose plus surprenante, nationalisme patriotique. Ainsi on peut retrouver dans un même site de prière, un crucifix, le sang des animaux sacrifiés et les couleurs du drapeau. Toutefois, Madagascar a été pour moi l’objet d’un constat assez amer tant la situation sociale, économique et politique m’a paru quasi-dramatique. Certes les habitants annoncent tous fièrement vivre mieux avec Ravalomana (leur président élu - non sans heurts - depuis 2002, dont le portrait s’affiche jusque dans la plus pauvre des maisons) mais il n’en demeure pas moins que j’ai senti dans ce pays des relents de populisme et de corruption peu encourageants. Quant à la pauvreté, elle est partout et le sourire des malgaches ne suffit pas à la masquer (car les malgaches sont peut être les gens les plus gentils que je n’ai jamais rencontré). Le pays est sous perfusion et importe désormais son riz (en effet, les malgaches ayant découvert que la fabrication de la brique rapportait plus rapidement que la récolte du riz, toutes les rizières sont pillées de leur argile et dédiés à la briqueterie, un triste exemple de vision à court terme et de développement bien peu durable). A Madagascar le temps semble un peu arrêté, il y a encore peu de touristes, on fait tourner sa télévision avec la batterie de la voiture, les enfants des villages ont encore peur du vazaha (le blanc. Un petit garçon s’est même mis à pleurer en voyant un homme de notre groupe, en pensant que c’était un méchant docteur qui allait le circoncire !!). Beaucoup de choses à dire au final sur ces trois jours bien trop courts pour parcourir et comprendre un île aussi grande que la France et la Belgique réunies, mais une escale intense en émotions, durant lesquels j’en ai véritablement pris plein la vue et n’en ai pas perdu une miette.

A peine retournée à Paris j’étais déjà repartie, mais en vacances cette fois-ci, pour le Portugal ! Cela faisait longtemps que je voulais (re)découvrir Lisbonne et la présence là-bas d’un ami portugais a suffit à me convaincre. Une escapade délicieuse. Au programme (intense, comme toujours) : concert de Beth Gibbons face au Tage, panorama merveilleux depuis les miradors de l’Alfama, veillée nocturne dans les bars du Bairro Alto, nourritures culturelles au Musée Gulbenkian, à la Fondation Berardo ou en allant écouter un pièce d’un dramaturge portugais contemporain, promenade dans la fraîcheur de Sintra ou face à l’Atlantique démontée... Un régal à consommer sans modération et que je répéterais bien plus souvent si je le pouvais. Lisbonne m’a séduite par ses beautés mais aussi sa tranquillité, on a l’impression  d’y découvrir une ville qui se réveille tout juste, une sorte de Barcelone, mais sans les touristes anglaises enterrant leur vie de jeune fille en mini-jupe, ivres mortes à 4 heures de l’après-midi (non, non je ne renie pas mes origines mais il faut bien avouer que j’ai parfois un peu honte !), et avec tout à prouver. Une ville où il ferait bon vivre, n’en déplaise à mon ami Paulo qui ne jure plus que par Paris et pour qui Lisbonne est encore trop morte. Je lui laisserai Paris et ses pluies (car pour ceux qui ne seraient pas au courant, pas un atterrissage à Charles de Gaulle sans qu’on nous annonce 13 degrés et un crachin breton à vous donner le cafard, quel bel été) sans hésitation !

 

Madagascar, l'île aux esprits



 
Lisbonne, la belle et Azanhas do Mar, battue par les vents




PS : Et parce que je n'oublie pas tout à fait la Chine une petite apparté pour vous rappeler que Pékin accueille ses JO dans un an jour pour jour, et jusqu'à New-York les JO s'affichent sur les bus... Personne n'y échappera, rendez-vous le 08.08.08 prochain à 8 heures du soir... En attendant, les brigades anti-crachats sont plus actives que jamais et la police chinoise de plus en plus pénible (il paraît qu'à mon retour le processus d'obtention de visa sera encore plus compliqué !). Promis, je ne tarderai pas à vous en reparler... A mon retour de Montréal !

Par Xiao Zhu - Publié dans : Mes parenthèses enchantées
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