Donc j’en étais à la Mongolie, plan 2 (le plan 1 étant le train, j’ai l’âme cinématographique en ce moment !), scène 1 : arrivée en gare d’Oulan Bator sous un crachin inhabituel pour ce pays éternellement sec. Comme je ne vais pas pouvoir vous faire le film complet sous peine de vous assommer et de perdre irrémédiablement mes derniers et rares lecteurs, je tente de faire court : la Mongolie (enfin plutôt Oulan-Bator parce que la Mongolie ce n’est pas encore cette fois-ci que je l’aurais découverte), 5 jours passés à travailler (un peu) et à découvrir ou redécouvrir la ville (beaucoup), mais sous un autre angle, celui des gens qui y vivent. De restaurants indiens en bars hollando-mongols, de soirées underground hip-hop/folk (mais c’était pour le travail !! si, si !!) en discothèques du 4e millénaire, de balades sur la Peace Avenue en déjouage de deux attaques de redoutables pickpockets...
Parmi les redécouvertes : celle d’une ville curieuse, très russe, très soviétique mais où, depuis la dernière fois, les buildings en construction (seront ils jamais terminés ?) ont fleuris, les voitures ont envahis les rues et le mausolée du père de l'indépendance, Sukhe Bator, a disparu de la grande place de la ville (un peu comme si on congédiait Lénine de la Place Rouge, quel choc !), où on trouve de tout et on mange désormais très bien (ce qui ne m’a pas empêché de m’empoisonner méchamment avec le plat national, les « buuz », effectivement avec un nom pareil…). Je n’ai malheureusement pas pu sortir de la ville (pas facile toute seule) et « redécouvrir » la campagne mongole mais je suis retournée dans mes endroits préférés, comme le temple Gandang et connais désormais UB comme ma poche !
Parmi les découvertes : l’incroyable marché Narantuul (aussi appelé « marché aux voleurs » ou « marché noir ») où en un dédale de travées se résume la vie mongole. Du beurre, des baies, des dels (longues robes constituant le costume traditionnel mongol) de couleurs, des bottes en cuirs toutes plus belles les unes que les autres, du feutre, des chapeaux très élégants et ces adorables meubles peints qui meublent toutes les yourtes du pays (ce qui me vaut d’ailleurs de repartir avec un tabouret sous le bras, extrêmement pratique dans l’avion de retour !).
Je découvre également une jeunesse mongole libre et branchée, cosmopolite (beaucoup de métissage à ma grande surprise, on croise même des Mongols aux cheveux crépus), ouverte sur le monde, sachant s’amuser et discuter, bien loin des soirées karaokés niaises et des discours calibrés de la jeunesse pékinoise. Certes, je ne me leurre pas et sais bien qu’il s’agit là de la jeunesse un rien fortunée d’UB, qui peut partir à étudier en Allemagne ou s’offrir ses rhum-coca au Métropolis…
Quatre jours après mon arrivée je sais prendre le taxi toute seule sans trop me faire arnaquer (et je vous jure que cela n’a rien d’évident), commander mes plats au Han Buuz (le fast-food mongol empoisonneur) et je me sens loin, très loin de la Chine qui m’apparaît à travers le petit poste de télévision de ma chambre d’hôtel, avec sa cérémonie cucu d’ouverture des Jeux Paralympiques.
Curieuse ville qu’Oulan-Bator. Je n’y vivrais sûrement pas et dois reconnaître que mes premières heures de retour à UB ont été un peu raides, avec l’impression de revenir 4 ans en avant, quand perdues dans la ville la plus laide du monde, nous déprimions sec avec Maman, à trembler à chaque fois que nous entendions la moindre phrase en russe (traumatisme post-Russie). Mais je me suis bien amusée, grâce à mes deux hôtesses hors pair, Nathalie et Emelyne.
Oulan-Bator, où les anciens symboles communistes cohabitent avec Tokio Hotel...Deux jours plus tard, à peine le temps de me remettre de mon intoxication à la buuz saveur mouton faisandé, me revoilà dans l’avion direction Qingdao, ville de bord de la mer au sud-est de Pékin, pour un séminaire et un week-end à la plage. Il fait beau et chaud et passer des steppes mongoles aux joies de la mer (même chinoise) est un régal. Si on arrive bien sûr à faire abstraction du défilé de maillots de bain des années 1940, tous plus atroces les uns que les autres. Moi j’ai eu du mal !
Nous sommes encore en plein Jeux paralympiques (Qingdao accueille les épreuves de voile) et croisons champions et entraîneurs dans une ville proprette, malgré les poissons séchés étalés sur le trottoir. Cette fois-ci encore je ne manque pas d’être surprise par la déferlante de mariés en train de se faire prendre en photo dans des poses absolument ridicules. Qingdao, avec son petit air européen et ses plages découpées doit vraiment être « the ultimate romantic place » en Chine. J’y penserai pour mes photos de mariage !
Enfin, dix jours plus tard dernier départ, pour le Japon et de vraies vacances cette fois-ci (même si ce qui précédait n’avait pas été franchement stressant). Retrouvailles familiales au Pays du Soleil Levant, un concept sympa.
Une mention spéciale tout de même pour la compagnie aérienne américaine qui m’achemine jusqu’à Tokyo (avec pour destination finale Hawaii) : pas moins de trois fouilles de tous mes bagages, interdiction totale d’emporter du dissolvant (Ben Laden déguisé en manucuriste ???) et dans le magazine décrivant les films en vol, le dessin animé « Kung Fu Panda » signalé comme « adult content » (« contenu adulte »). Bienvenue dans le merveilleux monde des Etats-Unis d’Amérique, encore plus dingue que le Japon par moment !
Mais revenons donc au Japon, qui est et demeure toujours mon grand amour. A peine débarquée à Narita, je me rue déjà dans un petit « convenience store » (supérette) de l’aéroport, comparer tous les plats délicieux qu’on peut y acheter à emporter (et puis les Américains de NWA m’ont affamé dans l’avion…). J’avais développé dans mon post sur Cuba ma thèse sur les « routes de l’aéroport », l’endroit où encore tout imprégné de son univers passé, on se rend compte qu’on est ailleurs. L’effet « route de l’aéroport » a lieu une fois de plus lorsque à peine sortie de Nari
ta, alors que je sillonne la banlieue de Tokyo dans mon Skyliner ultra-rapide, je me
retrouve surprise de voir des affiches électorales (chose inconnue en Chine). Je me rends compte que je viens de poser le pied dans une démocratie. Et j’en suis heureuse.Notre hôtel est assez commun, mais situé dans un quartier agréable, celui d’Ueno (si on fait abstraction du côté un peu « rue St Denis » de notre pas de porte, avec clubs de strip-tease et prostituées chinoises à chaque mètre) et nous y avons une belle chambre à tatami et toilettes aux mille boutons !
Difficile de résumer 10 jours (et donc mon plus long séjour jusqu’à présent) au Japon en quelques lignes mais je dois m’y efforcer car sinon vous y seriez encore demain. Pourtant tellement de choses à dire… Sentiment de liberté grisant et électrique en marchant dans le parc Yoyogi, en descendant vers Shibuya, en ressentant les vibrations d’Harajuku. Chaque quartier est un trésor aux mille facettes. Je ne veux plus en partir et mon projet d’escapade dans la campagne japonaise ne fait pas long feu. C’est Tokyo que je veux ! En l’espace de quelques jours et de quelques rues je me retrouve projetée tour à tour à Paris, à Londres, à New York ou dans un village japonais oublié…
Je retrouve beaucoup de choses qui n’ont pas tellement changé depuis l’an dernier (ce qui est franchement différent de la Chine) mais découvre aussi de nouveaux quartiers : le havre de paix de Yanaka, entre cimetières, temples et cafés ; les virées shopping à Harajuku et Ginza, où je laisse toutes mes économies alors que l’euro ne cesse de chuter ! ; l’Ile d’Odaiba où j’arrive sous la pluie et qui semble tout droit sortie de « Blade Runner » ; Ryogoku et ses deux apprentis sumos juchés sur des vélos bien trop petits pour eux, comme dans un manga, tellement drôle ; l’immense marché aux poissons de Tsukiji où nous mangeons à 7 heures du matin, encore chaussées de nos bottes de caoutchouc de poissonnières, les sushis les plus frais du monde.
Tsukiji, 6 heures du matin... Le plus grand marché aux poissons du
mondeTrois escapades quand même… La première est Hakone, au pied du Fuji. Plongés dans la brume nous n’apercevrons jamais le Mont Fuji mais nous mangeons les œufs cuits dans le souffre censés nous amener 7 ans de vie en plus et découvrons le « plaisir » du Onsen, le bain à la japonaise. Personnellement je n’ai pas franchement apprécié de me faire ébouillanter comme un homard et d’en ressortir avec la couleur, mais l’expérience n'en était pas moins intéressante. Et puis l’affiche à l’entrée interdisant l’accès à toutes personne portant des tatouages (car possible yakuza - mafieux -) valait à elle seule le détour ! Deuxième balade : Nikko la zen, qui me fait beaucoup penser à la ville de Nara visitée en 2007, les daims en moins, et où nous passons la nuit dans une guest-house aux allures de maison de campagne anglaise où tofu et thé vert sont la diète principale. Puis enfin Kamakura où je pars en solitaire, à la rencontre du Pacifique, du Grand Bouddha, de la lumière d’automne dans les temples et des burgers à l’avocat (et surfeurs) nippo-hawaiens.
Je retrouve aussi mon amie de Kyoto, Noriko, qui habite maintenant à Tokyo et chez qui je loge les deux
derniers jours, mes compagnons de voyage étant partis découvrir les beautés du Sud. J’assiste avec elle au concert de
The Cinematic Orchestra (Shibuya, le Cinematic Orchestra, une salle incroyable, des gens qui savent apprécier la musique, dansent et vibrent avec elle, c’est trop pour une seule fois…). Sentiment
de bonheur comme seul le Japon peut m’en apporter. En allant à ce concert comme lors de mes promenades je suis émerveillée par la façon dont les Japonais sont en prise avec le monde tout en
restant tellement uniques.
Puis Pékin et la déprime post-Japon. Après dix jours dans ma bulle de douceur, de beauté, d’énergie, j’ai l’impression de débarquer au fin fond d’une cambrousse moyenâgeuse. C’est sale, ça pue, c’est moche, c’est quoi ce pays ? Je crois vraiment qu’il est temps que ces chroniques chinoises changent de nom, j’ai besoin d’autre chose, j’ai besoin d’ailleurs, j’ai besoin de nouveauté et de liberté. Pas forcément le Japon, car je suis bien consciente qu’il est bien plus facile d’y être une simple touriste de passage que d’y vivre. Juste ailleurs.
Dès mon retour, je suis « heureusement » avalée par un flot de travail qui ne me laisse pas le temps de déprimer (et un anniversaire en perruque rose qui me remonte le moral de façon très efficace !). J’essaie désormais d’être autant que faire se peut « toute entière » à la Chine où je vis certainement mes derniers mois pékinois. Pas toujours facile, mais avec un peu de bonne volonté…
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depuis Pékin. On nous prend nos
passeports puis notre train (et nous toujours dedans) part dans un grand hangar où on change les roues de tous les wagons ! Si, si, les rails mongoles et les rails chinoises n’ayant pas le
même écartement, on doit changer le châssis du train. Difficile à expliquer mais vrai ! Je profite de l’attente pour devenir la confidente des migrants du Shandong qui me racontent qu’ils
quittent la Chine pour la première fois, pour gagner un peu plus sur un chantier de construction en Mongolie. Quelle excitation pour eux de quitter la mère patrie ! Au même moment, le chef
de wagon découvre incrédule que je parle chinois et je passe donc du statut d’ « étrangère débile » à celui ô combien enviable alliée potentielle pour civiliser les migrants (ce qui me
vaut des petites intentions comme un seau d'eau jeté juste avant mon passage dans les toilettes préalablement saccagées par les migrants ou encore une indulgence relative sur mes allées et venues
dans le couloir).
Il fait déjà nuit quand nous arrivons dans le centre de La Havane.
Premier mojito dans l’hôtel d’Hemingway, musiques dans les rues désertes, fraîcheur des alizés... Et des retrouvaille émues avec la cuisine créole (arroz con frijoles – riz et haricots
rouges – et bananes frites mmmm, même si on ne vient pas forcément à Cuba pour sa nourriture, j’y ai trouvé mon compte sans peine).
Nous passons le premier jour à déambuler dans le vieux centre
colonial de la Havane qui prend des airs de Disneyland version « Buena Vista Social Club » pour touristes. C’est beau, c’est propre, il y a des musiciens dans la rue mais on a un peu de
mal à y croire. Et les vieillards fumant de gros cigares à l’entrée des musées ne sont là que dans l’espoir de se faire tirer le portrait par les cars de touriste. C’est en s’échappant vers la
Havana Centro y le Vedado (où nous nous offrons une glace au fameux glacier Coppelia), deux quartiers plus récents, que bat encore le cœur de la ville. Quant au Malecon (l’avenue interminable qui
longe la mer, balayée par la houle), il ne perd rien de son charme décrépi et j’en tombe littéralement amoureuse…
Le lendemain nous
louons une voiture et partons vers l’ouest de l’ile par le chemin des écoliers, en logeant toute la côte nord-ouest. Une route magnifique, zigzaguant entre palmiers, rizières et champs de cannes.
Avec la mer azur à l’horizon. Les routes cubaines ne sont guère fréquentées et le danger princ
ipal consiste en fait à éviter les carrioles et les nids de poules. Et trouver son chemin… Car le gouvernement semble avoir plus à cœur de réaffirmer le triomphe de la
révolution à chaque carrefour que d’y placer ne serait-ce qu’une seule indication. La solution : prendre un autostoppeur qui vous indiquera la route. Le stop (« hacer botella » en
cubain) est une institution cubaine. Dans un pays où débrouille et entraide sont devenus un art de vivre et où seuls 30 habitants sur 1000 possèdent une voiture (et quelles voitures !), pas
une minute sans que l’on ne croise un autostoppeur qui vous fait signe nonchalamment. Autant dire que pour se déplacer dans le pays mieux vaut avoir le temps. Un festin de langoustes et une
petite baignade plus tard nous voici à Viñales, petit ville paisible, pays « guajiro » (nom des paysans à Cuba) entre « mogotes » (montagnes calcaires très découpées qui me
font penser aux paysages du Vietnam et du Sud de la Chine) et champs de tabac.
A Viñales, nous décidons d’abandonner définitivement les hôtels (gérés par l’Etat et au rapport qualité-prix assez scandaleux) pour le charme des « casas particulares »,
chambres d’hôtes où on vous accueille toujours avec le sourire (moyennant quelques pesos convertibles). Après avoir contemplé la brume sur les « mogotes » et observé le curieux
micro-marché de Viñales (deux stands, trois tomates, et une vente aux enchères de vieux habits) nous partons à la plage de Cayo Jutias. Un petit bijou sauvage, où la mer est fraîche mais bien
agréable. Et à la nuit tombée, Viñales réserve encore des surprises le long de son unique artère, avec des soirées endiablées au club « Polo Montañez ».
Nous reprenons ensuite la route par Pinar del Rio, l’une des grandes
villes de l’Est et capitale de l’industrie du tabac, le long de l’autoroute nationale, toujours sans aucune indication et traversée de temps en temps par une vache ou un vélo.
Un peu lassées par notre déception trinidadienne, nous nous autorisons
enfin une journée de plage. Nous avions, au départ, préféré nous tenir éloignées des grands complexes balnéaires de Varadero et Playas del Este. Et nous ne pouvons que nous en féliciter lorsque
nous découvrons à Playa Ancon (plage de sable blanc au Sud de Trinidad) la clientèle de ce genre de resort « all included ». Canadiens obèses, russes imbibés et vieillards cacochymes.
Déjà que nous nous n’avons eu de cesse de nous sentir un peu à l’écart des gens et de leur vie (le gouvernement ayant soin de nous séparer du reste de la population en nous obligeant à utiliser
une monnaie différente et à se rendre uniquement dans des hébergements déclarés et dûment contrôlés, et puis notre argent à lui seul suffit à nous mettre à l’écart…car à Cuba il n’y a guère que
les touristes capables de se payer le restaurant et de sortir dans les bars tous les soirs), nous découvrons là l’anti-Cuba et l’absurdité totale de faire 8000 km d’avion pour se retrouver les
yeux dans les yeux avec ses chers compatriotes à se griller au soleil sans la moindre conscience du pays où l’on se trouve. D’ailleurs, dans certaines stations balnéaires, les Cubains sont tout
simplement interdits de séjour dans les hôtels-clubs pour étrangers !
Pour notre dernier jour à Cuba, nous faisons étape à Cienfuegos, ville coloniale de la fin du XIXe siècle, aux influences françaises marquées (elle fut habitée par une colonie de
Bordelais, pour la plupart venue d’Haïti la voisine). A Cienfuegos nous sommes soulagées de retrouver une ville un brin plus « authentique » et ce malgré ses airs de gros gâteau à la
crème avec ses villas roses et ses moulures de stuc…
Maintenant que je vous ai dressé le compte-rendu de notre trop rapide séjour, que dire de Cuba. Une île rebelle
qui est sous les feux de la rampe depuis le départ annoncé de Fidel… Départ qui ressemble davantage à de la poudre aux yeux, tant le Lider Maximo gardera la mainmise sur le pouvoir par
l’intermédiaire de son frère Raul. « Une réforme cosmétique » pour citer un opposant au régime s’exprimant dans un grand quotidien français (parce que je n’attends pas les journaux
chinois pour avoir un avis objectif sur la question).
dans ce pays), c’est sans
illusion et avec un peu d’appréhension que je m’apprêtais à découvrir les noirceurs du communisme « a la cubana ». Et c’est là que s’installe le doute. Car Cuba ne peut se résoudre à
une dictature gouvernée par un illuminé barbu en jogging Nike, opprimant et affamant son peuple. Encore une fois rien n’est noir ni blanc et Cuba c’est d’abord un immense paradoxe. D’un côté une
population qui peine à joindre les deux bouts et qui n’a pas le droit de s’exprimer librement, de se déplacer librement, une île aux magasins vides à faire peur, une presse muselée, des familles
séparées, une population carcérale record, une révolution permanente qui s’auto entretient et n’a pour but que sa propre continuité, et où tout le monde n’a qu’une idée en tête, partir. Oui Cuba
c’est ça. Mais Cuba c’est aussi une médecine et une éducation de qualité pour tous, des « maisons de la culture » partout, gratuite et fréquentée, dans le moindr
Mais en ce dimanche d’inactivité et de silence total, plus
aucune excuse, je m’y mets.
Sous les ors de la République (Sénat et Quai d'Orsay)
Hoi An est pourtant une ville absolument adorable, fruit des influences
chinoises, japonaises et même portugaise venues de la mer. Dans le centre, quasi piéton, les petites maisons
main. La météo m’ayant laissée un peu de répit, la découverte de ce lieu saint de l’ancien royaume du Champa me plait beaucoup et je me perds avec délice
entre les ruines millénaires, humant les odeurs de frangipanier et de terre mouillée, avec presque l’impression d’être un Indiana Jones exhumant une cité perdue (bon à vrai dire, il faut
courir un petit peu pour ne pas être rattrapé par la meute d’autres Indiana Jones derrière vous). Je découvre aussi un pan d’histoire du Vietnam qui m’était encore complètement inconnu (et il
faut dire qu’en la
la plage de Cua Dai, à quelques kilomètres de Hoi An, une très grande et belle étendue de
sable blanc mais battue par les vents, où je suis presque la seule à me baigner. Pourtant que la mer est bonne, me rappelant mes chères Antilles. Mais la trêve aura été de courte durée et déjà
les gouttes recommencent à tomber. Je recommence alors mon cycle de pâtisseries, TV5, poisson cuit dans des feuilles de bananiers et m’autorisen
Avec ce
vieux monsieur, c’est une véritable plongée dans l’histoire que j’accomplis en quelques minutes. Il me fait visiter sa maison, qui n’a pas beaucoup dû changer depuis les français, les voisins de
son enfance ; me montre l’autel qu’il dédie à ses ancêtres puis commence à me parler, dans un français parfait (j’ai été absolument époustouflée par les dons linguistiques des Vietnamiens) de sa
vie et à me questionner sur la mienne. Lorsqu’il apprend que j’ai étudié les sciences politiques et que je vis en Chine, ses questions fusent de plus belles. Et il avance la grande question,
l’inévitable, en me demandant mon avis quant aux futures des régimes socialistes chinois et vietnamiens. Il faut dire que cette question je me l’étais posée maintes fois. D’abord en constatant
l’omniprésence de la propagande socialiste au Vietnam, et cela bien plus qu’en Chine. Partout de gr
Oncle Ho aurait-il raté le coche ?
sur les flots azurs dans la majestueuse baie d’Ha Long pour mes deux derniers jours de voyage (ma cerise sur le
gâteau !). Complètement raté, échec sur tout
Quelques jolis temples, de beaux paysages et un endroit
surnommé « la baie d’Ha Long terrestre » (en guise de lot de consolation), qui me fait beaucoup penser à Guilin dans le Sud de la Chine. Mais on a beau dire, un tour de barque sous une
pluie battante qui vous arrache le parapluie des mains et n’épargn
Après un déjeuner autour d’un bol de pâtes aux herbes à la mode de Hué (j’en ai oublié le nom, quelle
honte !), mon chauffeur de motobike, M. Tung m’emmène dans tous les petits recoins aux alentours de Hué et me fait visiter les fameux tombeaux de la famille impériale (encore une fois,
ceux-ci sont construits sur le même principe que les tombeaux Ming aux alentours de Pékin). Etant un peu saturée de temples et autres tombeaux depuis que je vis en Chine, je me contente d’un
petit tombeau quasi-anonyme, perdu au milieu de la nature, où je peux déambuler toute seule, et du tombeau de l’empereur Tu Duc (ayant régné de 1848 à 1883) où je prends le temps d’humer l’odeur
des frangipaniers et de méditer face à l’étang en forme de demi-lune.
Mais c’est
le petit tour dans la campagne aux alentours de Hué qui me ravi le plus. Le nez au vent à l’arrière de la mobylette de M. Tung, je respire la campagne vietnamienne. D’ailleurs si je devais citer
une différence frappante entre Vietnam
Ma journée à Hué a filé à
toute vitesse et une prochaine étape m’attend, que je laisse pour un prochain post…
Le Vietnam, c’est d’abord une
bouffée de chaleur humide qui m’assaille sur la piste détrempée de l’aéroport de Noi Bai. Il fait déjà nuit noire mais je suis
Je me réveille donc le lendemain
matin avec la ferme intention de quitter cet enfer au plus vite. D’autant qu’à chaque voyage (sauf peut être au Japon ! Cas particulier s’il en est !) s’opère en moi le même
processus : j’arrive, prends peur, veux immédiatement rentrer à la maison (ah mon doux foyer pékinois ! Je lisais un livre assez amusant qui définissait le voyage comme l’art de
« s’envoler vers une terre étrangère, abandonnant avec empressement tout le confort de sa propre maison pour dépenser une vaste quantité de temps et d’argent dans une tentative futile de
récupérer le confort que vous n’auriez pas perdu si vous étiez restés chez vous dès le départ»*), puis me laisse conquérir petit à petit jusqu’à ne plus vouloir repartir. C’est un peu ce qui
s’est passé au Vietnam.
En ce premier jo
(salles de jeux, une institution au Japon) se réveillent doucement et les magasins sont tous décorés de feuilles rouges d’automne. Je prends ensuite le métro en direction de Ginza, le
quartier des boutiques chics, pour voir une pièce de kabuki (théâtre traditionnel japonais) à laquelle se pressent toutes les élégantes en kimonos. Je ne comprends pas grand-chose (même à vrai
dire rien du tout) mais j’apprécie la façon dramatique dont les acteurs, tous masculins (même les femmes sont jouées par des hommes), déclament leur texte ainsi que l’engouement du public,
n’hésitant pas à réagir bruyamment aux tirades et rebondissements. Je fais un petit tour du côté du palais impérial (interdit au public) puis part terminer l’après midi à Harajuku. En gardant
Harajuku pour la fin, c’était un petit peu comme si j’avais voulu garder le meilleur pour la fin. A peine sortie du métro, on y va d’étonnement en étonnement. Autant, jusqu’alors, Tokyo m’avait
finalement moins surprise et charmée que ce que j’imaginais, autant les quelques heures passés à Harajuku auront


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